Marseille, vieux port 20H.
Fin d’une semaine de régate en double (retour anticipé pour cause familiale), mon frère et moi devons rentrer à Fos, 22 milles à parcourir nous pensons arriver  vers  1heure du matin.
Vent de SE, le même que nous avons eu depuis le matin au départ de Sanary et qui nous a valu une journée de régate sous spi, durant laquelle nous avons pu tirer le meilleur de notre Sprint 95 en claquant une place de 4 (en temps compensé HN) devant des A35, First 31.7 -au rating outrageusement avantageux alors que le notre est une véritable punition- et autres voiliers plus récents et plus grands…
Nous sommes en short,  tee-shirt, pieds nus, on est certain que ça va caler et que nous allons finir au moteur. On envoie le spi, on fait des sandwichs en attendant que le vent tombe, tout ce qui est pris à faire de la voile est bon pour nous (ça doit être notre côté écolo…).
La nuit tombe, mais pas le vent qui, lui, monte. La nuit est noire à cause des nuages de plus en plus gros, la mer grossit. Le bateau accélère 8 nds moyen, ce bateau sous spi avec du vent c’est un véritable bonheur.
Et puis ça monte encore, la vitesse max passe à plus de 12 nds, on a le sentiment que le bateau veut encore accélérer, d’ailleurs par moment on tient 10-11 nds pendant plusieurs minutes : sensation géniale.
Je barre tout au feeling, en ne regardant  que les vagues que je devine dans le noir et en cherchant la vitesse max. Le spi ne bronche pas, le bateau est d’une stabilité de route impressionnante, il n’y plus qu’à le placer pour toujours accélérer…
Enfin le Cap Couronne est sur notre travers, il faut empanner pour  rentrer dans le golf de Fos. Nous sommes toujours en short-Tee-shirt-pieds nus, le vent monte encore, nous nous regardons : « bon on est en convoyage, nuit noir, « à poil », allez ! on rentre le spi ». Eh ! Oui ! Il faut parfois se résigner à revenir sur terre et à se trainer sous GV-Solent.
Finalement nous empannons et puisque la magie est finie on ne prend même pas la peine d’envoyer le Solent. Malgré ça nous zigzaguons à 10-11 nds sous GV seule, entre les cargos au mouillage et ceux qui font route. Le vent doit être fort…
Nous arrivons à Fos à 23H, nous avons mis 3H pour parcourir 22 milles… Il y a des petits bonheurs dans la vie….
Je ne vous ai pas parlé de la vitesse du vent parce que notre centrale ne fonctionne plus, la vitesse est celle donnée par un GPS portable et nous n’avons pas non plus d’indication d’angle « bateau-vent ». Mais peut importe car, finalement, naviguer dans ces conditions tout au « feeling » et sensation ressenties (assiette-vitesse) ajoute du plaisir et on a le sentiment de faire corps avec le bateau et les éléments (un peut pompeux ça. Non ?).
Dernière précision, nous n’avons ni bimini ni capote bien-sûr, car pour naviguer « à la sensation » il vaut mieux être dehors (voir mon précédent billet).